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 Une fleur devenue louve

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Ishizami
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MessageSujet: Une fleur devenue louve   Jeu 5 Déc - 11:01

(Je remets ici les prémices de mon BG que j'avais écrit chez les Lotus, et y donnerai une suite grâce à vous)

~Premiers pas hors du nid

Musique d'ambiance - Aoi Teshima sings Teru No Uta "Therru's Song" from Gedo Senki "

Je n'aurais jamais du naître ici.

Un triste concours de circonstance en a décidé autrement, bien avant ma naissance... Ma mère était une femme tout ce qu'il y a de plus ordinaire, courageuse comme une autre, travailleuse, entourée de quelques amis tout aussi ordinaires et vivant une vie normale et simple. La seule chose qui pouvait la différencier d'une autre était son minois adorable, parsemé de quelques subtiles tâches de rousseur sur une peau d'albâtre. Beaucoup lui avaient dit depuis son enfance que la beauté ouvrait des portes plus aisément que n'importe quel discours et qu'elle avait été touchée par les dieux. Ce fut vrai pendant plusieurs années.
Mais à toute bénédiction, il y a un revers.

Elle croisa un soir la route d'une femme à la chevelure coiffée de longues dreds auburn, qui la toisait d'aisément deux têtes. Deux dagues barbares à la ceinture, un fouet à neuf lanières et le regard luisant comme un prédateur dans une forêt obscure, elle lui sourit et l'invita à la suivre... sans doute trop poliment. C'est sans méfiance qu'elle la suivit.

Elle finit enchaînée dans la cale d'un navire, nommé l'Orpheline. Un équipage de femmes, toutes plus sauvages et indisciplinées les unes que les autres menaient ce bâtiment d'une poigne d'acier.
Elle n'en sut pas plus mais vogua, sous leur tutelle, pendant de longues semaines, jusqu'à ce qu'enfin, l'embarcation s'amarre à un nouveau port.

On la vendit à un riche propriétaire chinois des terres de Jianghu, à des milles et des lieues de ses contrées natales. Celui ci possédait un établissement de plaisirs dans la ville de Yanjing. Ainsi sa vie changea. Sa beauté lui avait ouvert une porte... dont elle n'aurait jamais voulu connaître l'autre côté.

Quelques mois suffirent pour qu'elle tombe enceinte d'un client, au grand damn de la tenancière des lieux.
Elle dut payer pour qu'on ne tue pas son enfant, ni qu'on ne l'astreigne à la même tâche qu'elle. Tout ce qu'elle pouvait gagner, elle promit de le reverser directement sans rien garder pour elle dans le seul espoir de la préserver... de me préserver.

Je grandis ainsi... à l'étage d'une maison close, découvrant avant l'heure des choses qu'aucun enfant ne devrait connaître. Ce qui ne posait souci alors que je n'étais qu'une gamine, commença à titiller les responsables du lieu et les clients, quand j'atteignis la puberté. Qu'importait cet argent que payait ma mère : la virginité était chose précieuse et lucrative.
Ma mère n'attendit pas qu'il soit trop tard et me fit accompagner par un passeur jusqu'à l'école du Mont Emei, une sororité d'apprenties exclusivement composée de filles où elle pensait que je serais en sécurité.

Personne ne vint m'y arracher de force et durant presque six ans, j'y appris l'art du combat, les valeurs d'entraide et de solidarité d'une communauté. Mais j'étais encore perdue, incapable de trouver la force intérieure dont mes sœurs me parlaient.

Nun Juechen me confia un jour une mission ardue, pour laquelle on m'assigna comme partenaire Akimitsu, une autre jeune emei. Mais la tâche était au delà de nos compétences et après plusieurs essais infructueux, couvertes de bleus et démoralisées, nous avons entendu une voix derrière nous :

« Vous avez besoin d'aide ? »

Il s'agissait de Wista-sama.
Elle me permit d'accomplir notre mission et nous parla ensuite de son clan, une organisation nommée le « Lotus » dans laquelle elle était prête à nous enrôler si nous le souhaitions. Je n'ai pas hésité... Les gens qui m'avaient tendu la main jusqu'ici étaient si rares que je n'ai pu que lui faire une confiance aveugle.
Je suis devenue l'une des leurs et c'est à partir de ce moment que ma vie a vraiment commencé.

Ils m’enseignèrent tout d'abord comment gagner l'argent nécessaire à ma survie : Grâce à une poudre volatile soufflée au nez d'une personne, je pouvais l'endormir puis aller la revendre à quelques propriétaires de maison pour les y faire travailler. On me dit qu'aucun mal ne leur était fait, qu'il ne s'agissait que de simples contrats. Je n'acceptais évidemment aucun contrat de la ville de Yanjing.
J'appris également à leur côté à me battre encore mieux qu'avec les Emeis, découvrant dans ce melting-pot de pratiques martiales des adversaires dont j'avais tout à découvrir. Mais je n'étais pas douée pour le combat, malgré mes efforts.

La seule chose pour laquelle je me sentais un vrai talent était mon babillage incessant. Grâce à lui, je rencontrais beaucoup de personnes et m'en faisais, sans le chercher, des amis. Je me créais ainsi, autour du clan, un réseau de personnes prêtes à venir à mon secours au besoin... Dès que j'en avais le temps également, je disparaissais pour aller me promener et découvrir de nouveaux endroits, principalement pour me baigner !

Dame Twilli, Kaicho de l'organisation du Lotus, était une femme digne et droite, qui dans les premiers temps, me fit l'effet d'une anguille glacée qu'on aurait glissé dans ma tunique. Mais, témoin de sa manière de gérer le clan, j'ai appris à la comprendre et développais un profond respect pour elle.

J'ai enfin trouvé une famille à leur contact à tous, et peu importe ce qu'ils me demanderaient, je répondrai présente. Ils étaient la seule chose qui importait vraiment à présent.

J'étais devenue une Lotus.

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Ishizami
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MessageSujet: Re: Une fleur devenue louve   Jeu 5 Déc - 11:02

~Zone d'Ombre

Musique d'ambiance - Aoi Teshima sings Teru No Uta "Therru's Song" from Gedo Senki "

A leur contact, les semaines filent comme le vent… les mois s’évaporent en une fumée blanche qui dessine un sillon derrière nous... Je progresse. A force d'entrainement, je commence enfin à maîtriser mes vajras ; Wu-chan ne me lâche pas. Je ne l'en remercierai jamais assez d'ailleurs. Je suis maintenant capable de me défendre et c'est grâce à lui.

Je ferme les yeux un instant, le temps d’un repos mérité, près d’une cascade, juste un instant...


Le temps m'échappe et sans y prendre garde, me voilà devenue Hall Leader.

Les responsabilités allant avec ne se font pas attendre mais j'y prends plaisir et je me laisse griser par le contact avec les gens, l'envie de développer la guilde, de faire que les gens se sentent bien... Le temps passe et m'échappe si vite... Un tourbillon de personnes et de choses à penser dansent dans mon esprit.

Et brusquement, cette femme qui sort de nulle part... Pyrna.

Une femme de la vallée de l'ombre, celle là même qui m'a enlevé il y a quelques semaines et qui pense pouvoir me retrouver... Je me souviens avec exactitude des mots qu’elle m’a dit… mais plus encore que ses mots, c’est son regard qui s’est ancré en moi. Trop d’arrogance, de vice et de volonté de faire le mal luisant dans cette prunelle sombre…

Elle veut me retrouver pour achever sa tâche ?

J'en souris d'avance. Je mets tout en œuvre pour être la première des deux à trouver l'autre.

Elle a créé en moi une zone d'ombre terrible... une rage que j'ai parfois du mal à maitriser. Ce sentiment n'existait pas avant pour moi. Elle y est liée, d’une manière ou d’une autre… et je dois briser ce lien.

En me rendant dans les échoppes où Taoxi (le peintre qui m'assiste dans ma recherche) a déposé les tableaux de Pyrna, une discussion avec un vieil homme me conduit étrangement à évoquer un vieux livre que j’ai lu dans le passé… Il contait les pratiques de certaines peuplades, notamment un rite qui prétendait qu’en mangeant nos morts, nous les faisions vivre pour toujours en nous. « En absorbant leur chair, on absorbait leur âme ».

Fascinée par l'éloquence et le savoir du vieux, je m’installe et nous continuons à échanger sur les différentes écoles… jusqu’à venir, sans doute par une forfaiture inconsciente de ma part, sur cette fameuse Vallée de l’Ombre.

J’avais déjà eu des problèmes avec plusieurs disciples de cette école, comme s’ils portaient le mal en leur sein… L’un avait tenté d’empoisonner Wu-chan… et puis elle. Pyrna.



Le vieil homme se met à parler d’eux avec une réserve intrigante dans la voix, faisant siffler sa longue moustache blanche :

« Le fondateur de l'école de la Vallée des Ombres était un homme très perspicace mais il était de nature lunatique ; il était aussi très doué pour lire l'avenir.
Comme il avait prédit qu'il ne vivrait pas au-delà de 46 ans, il créa l'école pour échapper à son sort et tromper la mort. Pour soutenir sa cause, il recruta des personnages sinistres et implacables qui utilisaient leurs vicieuses techniques en arts martiaux pour tout détruire dans le Jianghu et tuer tout le monde sur leur passage.
Elle est considérée comme l'école la plus dangereuse et la plus immorale de tout le Wulin... »


Ils portent le mal en eux et bien plus que ce qu’on voudrait nous le laisser croire... je le sais.

Cette tâche noire sur mon poignet droit est la preuve que je n’affabule pas, cette tache sur ma peau qui dessine un sillon elle aussi… le flou d’une série de doigts qui se referment soudain tandis que le regard poignarde… quelque part, un morceau d’âme vient de se briser.

Ai-je changé ?

Je ne ressens rien de différent… mais les choses ne sont plus les mêmes.

Je ressens de plus en plus souvent de la colère.

Elle ne doit pas me submerger, Wu l’a dit…
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MessageSujet: Re: Une fleur devenue louve   Jeu 5 Déc - 11:02

~Les Ténèbres

Musique d'ambiance - Two Steps from Hell - Moving Mountains


J'ai fini par leur raconter. Leur montrer cette trace sur mon bras qui ne cessait de grandir et me lançait, chaque fois que la colère me submergeait. J'avais honte de ça... et c'est sous le secret que je leur expliquais ma détresse.

Tao-san, d'abord, qui sembla reconnaitre cette marque... en prendre peur même. Dans l'obscurité du repaire, il me narra des bribes de son passé où il avait été contraint de mettre à mort quelqu'un qui portait une trace similaire. Il semble affligé, comme s'il connaissait la progression de ce mal qui s'est emparé de moi. Il pense comme moi que cette femme de la vallée des ombres doit mourir... mais il ne veut pas que ce soit de ma main.
Il me dit qu'il m'aidera... Il semble avoir une idée en tête en me disant de ne pas m'inquiéter. Je sens qu'il y a quelque chose qu'il ne me dit pas.

Wu-chan a fini par voir mon bandage hier et je lui explique ce que je sais à mon tour. Il semble désemparé mais son conseil se range du coté de la sagesse Shaolin : Si cette marque semble se nourrir de la colère pour la répandre encore plus, il ne faut plus lui donner de quoi grandir, il faut lui résister.... ne pas succomber à cette rage qui grandit. Mais déjà à ce conseil, je m'emporte car je m'en sais incapable. Mon esprit est faible. Et cette haine qui bouillonne en moi devient un peu plus incontrolable chaque jour... Taoyu sent que les choses risquent d'aller vite, je l'ai vu dans son regard.

C'est à Yanyu que j'ai succombé.

Au milieu des bois, loin des grandes villes, tel un loup guettant sa proie, j'ai aperçu la jeune Yasuko-san, seule près du médecin de campagne, l'air égarée. Je la savais encore peu aguerrie au combat pour l'avoir vu s'entrainer la veille... cette seule idée qu'elle soit à ma merci me fit un choc. Ma main se porta à ma dague sans que je ne puisse la retenir. Une violente douleur irradia mon avant bras, comme si un un fer chaud s'était refermée dessus.

Et j'ai approché dans le dos de Yasuko.

Un pas, deux pas, sans pouvoir ordonner à mon corps de s'arrêter, témoin impuissant de ce que j'étais en train de faire.

Je lui portais d'abord un coup sur la nuque pour lui faire plier le genou. Elle ne réagit pas, couina simplement et tomba au sol, surprise. Mon pied droit vint ensuite embrassé de tout son élan les côtes de la pauvre fille qui valsa quelques mètres plus loin. J'entendis mon rire résonner à chaque coup porté ensuite.
Je me vois faire danser mes vajras devant elle, cherchant à la taillader, le regard fou, les canines sorties... Je la malmène pendant presque une heure, son sang se répandant généreusement sur mes lames, mon visage et le sien, tachant le sol de sable qui nous accueille de gouttes qui deviennent des flaques. Je suis étonnée de voir à quel point elle endure bien la souffrance... Une disciple de la vallée de l'ombre y est forcément accoutumée !

Elle commença à se défendre quand elle comprit que je n'arrêterai pas.
Une lutte s'ensuivit entre elle et moi qui m'affaiblit autant qu'elle.
Elle peinait à se tenir debout, crachant du sang mais se relevant toujours. J'étais moi même à bout de souffle quand Mitsuoka apparut d'on ne sait où.

Je profitais de l’accalmie pour reprendre de l'énergie. J'échangeais quelques banalités avec Mitsuoka, pour faire durer puis je me réapprochais de Yasu... Il fallait finir le travail. Puis s'occuper de l'autre.

L'autre.

Celle qui a réagi quand j'ai repris mon acharnement sur la petite nouvelle, celle qui était là pour m'empêcher d'aller au bout. Celle qui a porté le coup qui m'a enfin mise à terre.

Deux gardes de patrouille dans le secteur arrivèrent sur ces entrefaits et sans attendre, m'embarquèrent avant de me jeter en prison.

J'y suis depuis déjà plusieurs heures.
Les gardes parlent de ma sentence, demain à 11h45. Demain...

Ma colère est retombée.
Elle a laissé place à une culpabilité terrible, une honte que je ne saurais assumer. Cet endroit est affreux.
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MessageSujet: Re: Une fleur devenue louve   Jeu 5 Déc - 11:51

~Délivrance et bouleversement

Musique d'ambiance - Thomas Bergersen - Illusions  "


La prison... l'humiliation en place publique en présence de mes amies Hoojicha et Yuzhu. Tout ça avait semblé m'apaiser et me redonner la force de combattre le mal que cette sorcière avait insufflé en moi. Je n'aspirais à présent qu'à une chose : me délivrer de ce sort qu'elle m'avait lancée.

Dans cette folle quête, tous les moyens semblaient être devenus bons à prendre. Je savais que Pyrna était habitée par un Mei, un ancien démon du Jianghu et c'est de lui qu'elle tirait sa force et sa haine. Mais la femme au fond d'elle demeurait présente et c'est elle qui me souffla la solution. La marque sombre apposée disparaissait lorsqu'un ordre était donné à son esclave et réapparaissait lorsqu'il était accompli. C'est à ce moment que je devais verser dessus l'une de ses larmes...

Cette larme, une larme de sang, je l'avais obtenu, profitant que Pyrna était elle même pour la mettre à terre sans égard et la lui voler.

Et la mission que je devais accomplir... était de poser à mon tour la marque du Mei sur Mitsuoka. Je profitais d'un instant de faiblesse, lors d'une bataille où elle prit ma défense contre la sorcière pour le faire... J'ai hésité, l'espace d'une brève seconde, mais je n'en pouvais plus de cette haine, de cette emprisonnement. Toute ma compassion s'envola quand l'opportunité se présenta.

J'étais libre.

Mitsuoka ne l'était plus...

Tout prit fin quelques jours plus tard, au sein du chateau Lotus. Le Mei, sous l'apparence de Mitsuoka (qui entre temps était allée visiter Pyrna pour la vider son essence démoniaque) se présenta au chateau pour réaliser le pacte que j'avais conclu avec lui à la dernière rencontre d'école des Shaolins. Si je la battais en duel, je délivrais Mitsuoka de son emprise. Si je perdais, je lui offrais mon âme et ma vie.

Le combat fut rude.
Pyrna, Sekafyria et Wukong étaient présents. Les corps s'effondrèrent les uns après les autres... Mitsu, vidée de son sang, aux portes de la mort, fut enchainée et Pyrna lui reprit le Mei au péril de sa vie, l'enfermant dans un médaillon. Moi, je sombrais dans un sommeil de plusieurs jours, suite à mes blessures... Mais ce sommeil n'était pas dû qu'à cela. Il était aussi l'expression de ma culpabilité, mon désir de fuir tout ce que j'avais fait de mal, mon incapacité à l'assumer. Je ne voulais plus revenir, je ne voulais pas voir ce dont j'avais été capable.

Pourtant... à force d'amour et de confiance, mes amis me firent revenir à la vie. J'ouvrais les yeux et les fermais sur toute cette période sombre.

C'était fini.


Quelques semaines plus tard...



Au sein du Lotus, les choses allaient de mal en pire.

Notre Kaicho se montrait de plus en souvent absente, ainsi que Wista-sama qui perdait le goût au combat et "se faisait vieille" comme elle disait. Nos plus forts guerriers abandonnaient la famille les uns après les autres. Je ne maintenais la cohésion que par quelques petites actions que je savais vaines...

Et puis Aki-san... avait un comportement de plus en plus lointain et suspect. On ne la voyait plus aux escortes, elle agissait dans l'ombre, entrainait des membres avec elle... murmurait un peu trop pour que je ne me pose pas de questions. Je finis par en discuter avec elle.

Elle ne croyait plus au Lotus. La famille se disloquait et elle envisageait son départ. Pourtant, en me parlant de cela, je sentais qu'il y avait quelque chose d'autre, une autre motivation que je n'arrivais pas à comprendre. Mais, convaincue comme elle de la mort imminente de la Famille, je me joignais à elle.

Un nouveau groupe devait voir le jour.

Puis l'idée me vint...
J'échangeais quelques missives avec Hooji-chan, dont je savais le clan en difficulté aussi, et lui proposais d'unir nos forces pour remonter une guilde solide...


Aki et moi avons parlé aux Lotus et les avons drainé avec nous pour la plupart pour rejoindre les Ôkami, les loups, les ninjas...
Le projet prenait forme rapidement et je reprenais confiance et espoir en l'avenir.

Un soir toutefois... J'aperçus Akimitsu au coin d'une ruelle avec un homme. Je ne pus qu'entendre cette simple phrase, impossible à comprendre :

"La tête du Tigre a été tranchée. Passons à l'étape suivante."
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MessageSujet: Re: Une fleur devenue louve   Mar 11 Fév - 18:35

La meute était née... et le temps, dévoreur d'âmes, poursuivait son œuvre, insensible à nos misérables vies qui s'égrenaient inéluctablement.

La meute grandissait, s'organisait, se peuplait. De quelques bêtes sauvages perdues, nous étions  devenus une vraie armée, accueillant chaque semaine de nouveaux visages à qui nous montrions le chemin... du moins celui que nous avions ouvert pour eux, celui qui nous semblait être le bon.

Moi... Je me perdais dans ce flot incessant, portée dans le courant où je pouvais m'oublier un instant, oublier mon passé, oublier mon avenir. La vie était légère, tout allait si bien, nous n'avions qu'à suivre le chemin tracé, qui à présent se dessinait de lui même sous nos pieds. Tout était facile. La tempête était passée, semble t-il, sans avoir fait trop de dégâts.

Je reprenais plaisir aux balades, allant me perdre des heures durant dans des régions inconnues, le plus souvent accompagnée de ma sœur et plus grande amie, Sekafyria.

Mais l'une d'elle annonça un changement.


Musique d'ambiance - Arcana - Wings Of Gabriel "
~La légende du dieu Shé

Un après midi ensoleillé, toute excitée de sa découverte, Sekafyria me prit par la main et m’entraîna avec elle dans le plein sud de la région Tang jusqu'à une grotte immense. Son ouverture était surplombée d'une tête de serpent dont les deux crocs se plantaient de part et d'autre de l'entrée. J'adorais les grottes, elle le savait. Et déjà, j'étais émerveillée... Je pénétrais dans la cavité, des étoiles dans les yeux, admirais les parois rocailleuses, un trou béant à ma droite avec une cascade en son centre et au fond, le boyau de roche qui s'enfonçait, gigantesque. Je m'élançais avec elle, parlant fort, nos rires se répercutant sur les murs, revenant à nous avec plus d'intensité. C'était immense !

Puis nous avons débouché sur une vaste caverne...

Je me souviens de chaque détail de ce lieu... la chute d'eau d'une hauteur vertigineuse qui tombait directement d'un trou au centre du plafond jusque dans un bassin en contrebas, l'îlot en son centre, irradiant d'une lueur bleutée, pigmenté d'une myriades de fleurs géantes, et sur la gauche... ce squelette de serpent, défiant la logique, bousculant la réalité des choses à laquelle on était habitué.

Nous avons continué l'exploration jusqu'à une salle creusée dans la roche. Au fond étaient disposées des cercueils d'une taille hors norme, la plupart étaient vides et ouverts mais certains étaient hermétiquement clos malgré nos efforts à les ouvrir pour en percer le mystère. Au centre de la pièce, présidant de manière impériale, une stèle plus haute que nous trônait, comme nous attendant. Un symbole étrange était gravé dessus et il dégageait une lumière rougeâtre... intrigante... hypnotisante...


Je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques pas précipités vers celle ci, main tendue en avant, mystifiée... Une force étrange me soufflant une sensuelle injonction : Approche...

Mes doigts effleurèrent la stèle et un éclair m'aveugla soudain.

Le monde disparut... un instant qui sembla s'étirer en longueur, se déformer jusqu'à ne plus finir, pendant lequel les sons se tordirent, ne formant plus qu'un brouhaha diffus dans lequel la voix de Seka perçait avec peine, où seul ce symbole semblait revêtir une importance...

« Aïe ! »

La douleur me fit revenir brusquement à la réalité.
Je regardais mon doigt qui avait effleuré la stèle et constatait deux petits trous infimes à son extrémité. Je suçais mon index, jetant un regard à Seka qui m'observait avec inquiétude. Je souriais, la douleur était passagère... Je ne ressentais qu'un léger engourdissement à présent.


Quelques jours s'étaient écoulés depuis cette visite et mon doigt ne guérissait pas, bien au contraire. J'avais remarqué des marbrures bleutées qui dessinaient des sillons depuis les trous, qui progressaient doucement sur ma main à mesure que le temps passait.

Et puis surtout... ce sifflement dans mes oreilles... agaçant, donnant l'envie de les boucher avec ses doigts pour ne plus l'entendre, puis réaliser que le bruit est en dedans et non à l'extérieur.

Certains m'ont dit que j'avais changé. Je ne sais pas, je ne m'en rends pas compte...

Moshia et Seka m'ont dit que je les avais attaqués un soir. Je n'en ai aucun souvenir.

J'ai parfois l'impression d'avoir deux esprits, des souvenirs qui ne m'appartiennent pas m'assaillent, des sentiments et des désirs contradictoires se bousculent... Il se passe en effet quelque chose, mais quoi.... ?

Puis les sifflements ont cessé d'être des sons désagréables et chuintants, comme une bourrasque de tempête s'engouffrant par une fenêtre ouverte. Doucement, ils sont devenus murmures, soufflant au creux de mes tympans... se changeant en mots puis en phrases compréhensibles.

Et je l'ai entendu.

Il m'a dit qui il était, soufflant son nom comme une chaude caresse.
Shé...
Il m'a révélée sa douleur et sa peine, me brisant le cœur comme si j'étais moi même celle qui avait souffert.
Il m'a suppliée de l'aider, de ne pas l'abandonner, de le sauver des limbes dans lesquelles on l'avait enfermé.
Il m'a racontée son passé, comment alors qu'il donnait son amour et sa force à ceux qu'il avait choisi, d'autres l'ont trahi et l'ont anéanti...

Notre union et ma compassion lui ont permis de me léguer les quelques maigres pouvoirs qu'il lui restait, affaibli qu'il était, il me donna la capacité de répandre son essence vitale pour que d'autres l'entendent et le comprennent. Mes canines s'allongèrent, se gorgeant d'un venin qui était sien, qui était son fluide. Je le laissais voir par mes yeux.

Puis il m'a fait ressentir sa colère, son désir de vengeance, son désespoir à vouloir revenir et rétablir la justice... Nos sentiments ont commencé à se mêler, tant que je ne parvenais plus à dissocier ce qui venait de lui et ceux qui étaient miens.

Je devais découvrir à partir de ce qu'il m'avait appris où se trouvaient les coupables et comment lui rendre la vie qu'on lui avait volé. J'enquêtais alors parmi l'école Tang, questionnant les anciens, tâchant de glaner les informations qui me manquaient pour réunir le puzzle de ce drame du passé.

Un vieil homme aveugle et boiteux fut celui qui m'en appris le plus. Il me conta ce dont il se souvenait et me confia un vieil ouvrage semblable à un livre de contes*.

« C'était il y a plusieurs années... j'étais fringuant alors et plutôt bel homme ! (il rit, découvrant un sourire édenté) Aujourd'hui, on me traiterait de fou si je narrais cela comme vérité, mais j'te jure, gamine, que je l'ai vu de mes yeux. Un serpent géant vivait en nos terres, il devait bien mesurer deux kilomètres de long pour une envergure de 3 mètres de diamètre. Il aurait pu avaler sans les sentir une dizaine d'hommes ! Cette créature pourtant n'était pas agressive. D'aucun saurait dire si elle avait toujours été là ou si elle est apparue un jour. Mais chose étonnante : elle savait parler notre langue. Plusieurs disciples de notre école avaient commencé à la considérer comme une divinité – chose qu'elle était sans doute – et lui vouèrent un culte, sacrifiant bétail en son honneur pour le nourrir, érigeant des sculptures à son effigie, déposant des offrandes sur des autels... Le serpent leur offrit en retour nombre de présents, mais parmi celui qui fut le plus puissant : une glande qu'il régurgita de son œsophage contenant un venin extrêmement violent. Notre école en extirpa un poison qu'elle commença à utiliser pour les combats, se spécialisant dans la maîtrise de ce genre d'offensives innovantes.(le vieux tousse et renifle, parler autant semble lui assécher le gosier)

Mais t'sais, gamine, à toute bonne chose qui arrive y a un revers, à toute chose puissante que possèdent les uns y a toujours des envieux à vouloir le prendre ou le détruire. La compétition entre les écoles faisait alors rage et parmi celle montant en puissance, prétendue « immortelle » ainsi que son chef se targuait de l'être, il y avait les Wudang. Ziyang, qui est encore aujourd'hui à sa tête, eut vent de l'essor que connaissaient les Tangs, apprenant que leur technique de combat avait évolué, qu'ils devenaient presque impossibles à battre, non par une capacité de résistance mais en mettant à mort avant qu'on n'ait pu les toucher. Il envoya des espions pour savoir de quoi les Tangs tiraient leur nouveau pouvoir... et on lui rapporta l'existence incroyable de ce serpent géant. Il ne put y croire et décida de se rendre lui même sur place pour constater cette fantasmagorie de ses yeux. La théorie en laquelle les Wudangs croient peut se voir comme une ressource qui sert à renvoyer une force vers l'adversaire après avoir détourné la sienne...

Zyiang revint en son école et réfléchit, questionnant les divinités du Dao, agenouillé devant les autels de prières pendant plusieurs jours.

Une jeune herboriste de l'école vint un matin le trouver et lui demanda ce qui le tourmentait. Il lui dit qu'il cherchait le moyen de venir à bout du poison le plus puissant et de la créature la plus monstrueuse qu'il ait vue. Elle lui répondit simplement qu'à toute chose il y avait un remède, dans la philosophie du Yin et du Yang, tout trouvait son équilibre dans son contraire. Elle lui dit encore que dans ses talents, elle pouvait peut être lui venir en aide. Étant enfant, elle avait reçu une graine étrange que sa mère prétendait céleste, car elle donnait naissance à une fleur géante magnifique, d'un bleu opalescent qui luisait dans la pénombre et avait l'étonnante capacité de venir à bout des empoisonnements les plus virulents. Elle avait ainsi sauvée la vie de plusieurs personnes et gardait précieusement les graines de chaque plantation qu'elle faisait.

Ziyang y vit là un signe et une réponse des dieux.

Il enjoignit la jeune herboriste à faire pousser un vrai jardin de ses fleurs dans une grotte au sud de la région Tang. Il la fit escorter par quelques gardes pour que sa vie et son dessein ne soit mis en péril. Il choisit parmi ses espionnes la plus séduisante, la plus avenante et douce des femmes, et il la fit se vêtir de l'uniforme des Tangs avant de la faire s'introduire parmi les adeptes du culte du dieu Shé, ainsi que tous l'appelaient maintenant. Le projet mit plusieurs mois avant de toucher à son but, mais les deux femmes arrivaient chacune à la fin de leur mission.

L'espionne entraîna les disciples du culte avec elle, avec tout le charme dont elle était capable, mentant éhontément, prétendant avoir préparer une offrande merveilleuse à Shé. Ils rejoignirent ensemble la grotte sud et s'émerveillèrent de la beauté de ces fleurs célestes. Tous en repartirent avec le désir de mener Shé en ce lieu pour lui exprimer toute leur reconnaissance... ce qu'ils firent quelques jours plus tard, emmenant tous les disciples pour une cérémonie.




Mais lorsque Shé se fut engouffré dans le boyau caverneux, parvenu au jardin maudit, une armée de Wudang attendait, arme aux poings. Les guerriers se jetèrent sur les adeptes et le serpent, tranchant et découpant sans retenue, mettant à mort les pauvres hères surpris par cette attaque. Les Tangs n'eurent pas le temps de réagir que déjà la moitié des leurs étaient au sol, inondant la pierre de leur sang. Puis les entailles que les Wudang avaient fait dans le corps de Shé furent emplies des fleurs célestes, bourrant son corps de ces pétales, de ce pollen qui brûlèrent sa chair. La caverne s'emplit d'une odeur terrible de peau qu'on aurait plongé dans de l'acide. Une âcre puanteur s'éleva tandis que le serpent se débattait, brisant les corps de sa queue qui balayait l'air et percutait les parois rocheuses, faisant trembler la terre. Peu réchappèrent à ce carnage... Je fus l'un d'eux. Terrifié, j'ai fui la grotte sans vouloir savoir comment les choses finiraient. La fumée pestilentielle m'avait brûlée les rétines et je ressortais de là, incapable de discerner la lumière du jour... »


Le vieux a semblé s'endormir en disant ces mots. Je l'observais sans oser le réveiller.

J'étais tétanisée par son récit.

Shé continua de me murmurer des choses, tâchant de me réconforter, m'enjoignant à être forte pour lui, pour l'avenir. Il acheva de me raconter comment les choses avaient fini pour lui. Ziyang était apparu alors qu'il mourrait, d'une lame il découpa ses écailles, le dépeçant vivant et fit enrouler sa mue avant de l'emporter avec lui.

Ses murmures devinrent obsession... « Trouve la... ».



* Le vieux manuscrit que l'aveugle m'a confiée :
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Une fleur devenue louve

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